Communications

Les services du FMI achèvent une mission en République centrafricaine

Mai 06, 2019
Les services du FMI achèvent une mission en République centrafricaine

 

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par M. Édouard Martin s'est rendue à Bangui du 24 avril au 3 mai 2019 pour mener des discussions dans le cadre de la sixième et dernière revue du programme de réformes économiques de la République centrafricaine soutenu par la facilité élargie de crédit (FEC). L'équipe a rencontré le Président Touadéra, le Président de l'assemblée nationale Ngon-Baba, le ministre des Finances Dondra, le ministre de l'Economie Moloua, le directeur national de la BEAC Chaibou et d'autres hauts responsables gouvernementaux. L'équipe a également rencontré des parlementaires et des représentants du secteur privé et des partenaires techniques et financiers.

 

À l’issue de la visite, M. Martin a publié la déclaration ci-après :

 

« L’accord de paix signé le 6 février 2019 par le gouvernement et les représentants de 14 groupes armés représente une occasion unique d'améliorer la situation de sécurité en République centrafricaine (RCA) et de créer les conditions favorables à une croissance soutenue et inclusive, à la réduction de la pauvreté et à la création d'emplois.

 

« Les résultats macroéconomiques en RCA restent favorables. La croissance économique est estimée à environ 4% en 2018 et devrait atteindre 4½% en 2019. L'inflation était maîtrisée à 1,6% en 2018 et devrait rester contenue. Le déficit du compte courant (hors dons) passerait d’environ 12% en 2018 à environ 11% en 2019. Le secteur bancaire reste amplement capitalisé et liquide, la part des créances douteuses diminuant sensiblement du fait du remboursement de ses arriérés commerciaux par le gouvernement. Ces perspectives économiques font l’objet de risques substantiels, à la baisse du fait de la situation sécuritaire volatile et de la hausse des prix du pétrole, et à la hausse en liaison avec la mise en œuvre de l'accord de paix.

 

« La mise en œuvre du programme soutenu par la FEC - qui expirera le 19 juillet 2019, comme prévu initialement - est globalement conforme aux attentes. La performance du programme à fin décembre 2018 est globalement satisfaisante : tous les critères de performance quantitatifs ont été remplis, à l'exception du déficit primaire intérieur, reflétant des dépenses courantes plus élevées que prévu, et du remboursement des arriérés intérieurs, qui a été légèrement retardé. Les recettes intérieures du premier trimestre 2019 ont été inférieures aux prévisions, en raison principalement de la fermeture forcée en mars du principal axe routier vers le Cameroun et des retards dans le transfert sur le budget des taxes parafiscales perçues par les organismes publics. La plupart des réformes structurelles ont également été mises en œuvre, à l'exception de la suppression des taxes parafiscales sans justification économique, qui nécessitera plus de temps qu’initialement prévu, et de la présentation à l’assemblée nationale du projet de loi sur les entreprises et entités publiques, attendue dans les prochains jours.

 

« Les autorités centrafricaines et l'équipe du FMI ont bien progressé dans les discussions sur un ensemble de politiques économiques et financières nécessaires à la conclusion de la sixième et dernière revue dans le cadre de la FEC. Les discussions ont porté sur les paramètres d'un budget révisé pour 2019, qui doit être soumis à l’assemblée nationale avant la mi-juin, en vue d’utiliser de façon optimale l'appui budgétaire supplémentaire fourni par les partenaires internationaux pour aider à répondre de manière durable aux nouveaux besoins de dépenses prioritaires générés par l’accord de paix. Des mesures supplémentaires pour améliorer et maintenir la mobilisation des recettes, dont le renforcement de la valorisation des importations et des exportations, sont également essentielles pour répondre à ces besoins.

 

« L’équipe a exhorté les autorités à accélérer l’intégration des taxes parafiscales dans le compte unique du Trésor et à mettre en œuvre l’élimination prévue des taxes et des redevances sans justification économique pour soutenir le développement du secteur privé. Les autorités sont également encouragées à poursuivre le renforcement de la gestion des dépenses publiques afin de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance. Les autorités ont demandé une mission diagnostique du FMI sur la gouvernance et ont confirmé leur volonté de limiter les emprunts, y compris les prêts concessionnels, afin de préserver la viabilité de la dette.

 

« L'équipe remercie les autorités pour leur chaleureuse hospitalité, leur coopération et leurs discussions constructives. »

 

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ATTACHÉ DE PRESSE: GEDIMINAS VILKAS